Choisir ses ingrédients

Quand on suit une recette, la question du choix des ingrédients ne se pose pas, mais en cosmétique minimaliste, on préfère choisir soi-même. Mais face à l’offre de plus en plus variée d’huiles végétales, huiles essentielles, hydrolats et ingrédients actifs qui existent, comment s’y retrouver ?

Voici quelques recommandations pour choisir :

On se concentre ici sur les ingrédients essentiels, majeurs dans le produit, et pour lesquels une offre très grande existe. Pour ce qui est du vinaigre, bicarbonate, alcool, etc. le choix est assez simple.

Et les huiles essentielles ?

Pour les huiles essentielles (HE), il existe des sites spécialisés qui en parlent très bien, comme Plant’Essentielle de Cécile Mahé. C’est un sujet en soi vu la quantité d’HE qui existent, les différents types d’application, l’importance du dosage, la présence de synergies et d’antagonisme, et les variations interindividuelles de l’efficacité.

Rares sont les blogs qui proposent un usage raisonné des huiles essentielles pour garantir une efficacité avec parcimonie (le contraire étant de proposer plein d’options à tester, en espérant que l’une d’entre elle fonctionne. Résultat: on perd notre temps – et notre argent à tout essayer).

 

Que recommande la cosmétique minimaliste ?

Si o suit les mêmes principes que pour le reste du produit, il faudra veiller à:

1. Comprendre l’effet que l’on recherche

Par exemple si vous souffrez d’acné/pores obstrués, vous devez chercher une huile essentielle qui ait des propriétés antibactériennes (limitera les infections), antioxydantes (limitera le brunissement des points noirs), et cicatrisante/régénératrices (facilitera la reconstruction de la peau).

2. Ne pas multiplier les HE si ce n’est pas nécessaires

Les huiles essentielles ont des points commun entre elles. Déjà, toutes ont une activité antioxydante. Aussi, beaucoup ont une activité antimicrobienne (certaines plus que d’autres, le tea tree et les HE d’agrumes et de clou de girofle sont très efficaces par exemple).

Ceci s’explique par le fait que les activités sont dûs à des activités chimiques et biologiques des composants des HE. L’activité des composants d’une même famille est proche. Par exemple, pour une activité antimicrobienne, il a été montré [1] que les familles de composés les plus actifs sont les hydrocarbures monoterpéniques, (limonène, α-pinène), les alcools monotérpeniques, (linalol, menthol, l’α-terpinéol, le thymol), les oxydes monoterpéniques (eucalyptol), les esters (’acétate de linalyle), les cétones monoterpéniques (camphre), et les phénols (eugénol).

Ces actifs sont-ils spécifiques d’une plante ? Non : on trouve de tout partout, en différentes quantités. Donc si vous mélangez les huiles essentielles, il y aura des redondances, et les effets seront globalement additifs, mais pas totalement (présence de synergies et antagonismes).

Il vaut donc mieux privilégier un mélange d’HE aux actions complémentaires.

En plus, elles sont précieuses, ce sont des distillats extrêmement concentrés, qui méritent que l’on en fasse un usage modéré. Par exemple, utiliser des HE dans des eaux de lavage du visage, des mains, de la vaisselle et la lessive, peut sembler un gâchis, car elles n’auront pas le temps d’exercer leur action, qui est plus à long terme et en profondeur. C’est sans doute du bon sens, mais non, appliquer sur le visage une HE qui agit sur le système immunitaire ou hormonal, ça ne marchera pas ! Mais dans tous les cas, elle sera antioxydante, et au mieux, son odeur vous mettra de bonne humeur 😉

 

Source: [1] Aouni, M., Pelen, F. & Soulimani, R. Étude de l’activité antimicrobienne d’un mélange de 41 huiles essentielles et domaines d’application. Phytothérapie 11, 225–236 (2013). https://doi.org/10.1007/s10298-013-0790-x